Au marché, un étal propose des calamars tandis qu’une recette parle d’encornets, et l’on se demande vite s’il s’agit de deux produits différents. Je clarifie ici la distinction entre ces appellations, ce que l’étiquette peut réellement vous apprendre et la meilleure façon de les nettoyer puis de les cuire sans obtenir une chair caoutchouteuse.
Calmar et encornet désignent souvent le même céphalopode
- Pas deux animaux distincts dans l’usage courant, mais des appellations différentes selon le contexte.
- Calmar est le terme zoologique le plus précis, tandis qu’encornet est très courant chez les poissonniers et en cuisine.
- La taille ne suffit pas à distinguer les deux produits.
- Une cuisson très courte ou très longue donne généralement une texture plus tendre qu’une cuisson intermédiaire.
- L’espèce, l’origine et la mention décongelé sont plus utiles que le seul nom affiché sur l’étal.
La différence entre calamar et encornet tient surtout aux mots
La réponse la plus simple est la suivante : calmar, calamar et encornet peuvent désigner le même type de céphalopode. L’animal possède un corps allongé appelé manteau, deux nageoires latérales, huit bras courts et deux tentacules plus longs. Il a aussi une plume interne, une fine structure cornée qui soutient le corps, ainsi qu’une poche d’encre.
Dans son dictionnaire, l’Académie française donne calmar comme forme de référence, tout en reconnaissant « calamar » et « encornet ». Dans la vie courante, calamar est très fréquent sur les cartes de restaurant, alors qu’encornet évoque souvent le produit vendu entier, en tubes ou en anneaux.
| Terme | Usage le plus fréquent | Ce qu’il indique réellement |
|---|---|---|
| Calmar | Zoologie, dictionnaire, description générale | Un céphalopode à dix appendices et au corps fuselé |
| Calamar | Cuisine, restauration, langage courant | Le même groupe d’animaux dans la plupart des cas |
| Encornet | Poissonnerie, cuisine, pêche | Une appellation commerciale ou régionale, parfois liée à une espèce précise |
| Chipiron ou supion | Usages régionaux | Souvent de petits calmars, sans que la taille soit une règle absolue |
Il serait donc trompeur d’affirmer qu’un encornet est toujours plus petit, plus tendre ou meilleur qu’un calmar. Le nom ne suffit pas à prévoir la texture : l’espèce, l’âge, l’épaisseur du manteau, la fraîcheur et la cuisson ont beaucoup plus d’influence.
Ce que l’étiquette peut vraiment vous apprendre
Lorsque j’achète ce produit, je regarde moins le mot « calamar » que les informations qui l’accompagnent. La DGCCRF encadre les dénominations commerciales des produits de la mer en France, et plusieurs espèces peuvent être vendues sous des appellations proches. L’origine et l’espèce sont donc de meilleurs repères que le vocabulaire utilisé en gros caractères.
Sur un produit non transformé, vérifiez notamment la zone de pêche, la méthode de production, l’engin de pêche lorsqu’il est indiqué et la mention « décongelé ». Pour un produit emballé, la liste des ingrédients permet aussi de repérer l’ajout éventuel d’eau, de sel ou d’additifs.
- Frais entier : le manteau doit être ferme, brillant et sans odeur forte d’ammoniaque.
- Décongelé : il peut être tout à fait pratique, mais il faut éviter de le recongeler.
- En anneaux : il s’agit généralement du manteau tranché, avec une épaisseur qui varie beaucoup.
- Entier : vous récupérez les tentacules et éventuellement l’encre, ce qui donne davantage de possibilités en cuisine.
Un encornet importé et un calmar commun pêché localement peuvent donc avoir des résultats différents dans la même recette. Pour une préparation délicate, je privilégie un produit entier ou une découpe épaisse dont la provenance est clairement indiquée, même si cela coûte parfois un peu plus cher.
Le bon choix dépend surtout de la recette
En cuisine, je m’appuie d’abord sur le format du produit. Les petits sujets sont agréables sautés ou frits, tandis que les manteaux plus épais se prêtent bien à une farce ou à une cuisson douce. Ce sont la taille et l’épaisseur qui déterminent le temps de cuisson, pas le fait que l’étiquette dise calmar ou encornet.
| Préparation | Repère de cuisson | Conseil de texture |
|---|---|---|
| Poêle ou plancha | 1 à 3 minutes à feu vif | Bien sécher les morceaux et ne pas remplir la poêle |
| Friture | 2 à 4 minutes selon l’épaisseur | Fariner légèrement et plonger dans une huile bien chaude |
| Plat mijoté | 30 à 45 minutes, parfois davantage | Maintenir une cuisson douce jusqu’à ce que la chair soit tendre |
| Calmar farci | 25 à 35 minutes au four ou en sauce | Ne pas remplir le manteau à ras bord, car la farce gonfle |
La règle que je retiens est presque paradoxale : très vite ou assez longtemps. Entre les deux, les fibres musculaires se contractent et la chair devient ferme. À la plancha, je chauffe donc fortement, je saisis les morceaux rapidement et je les retire dès qu’ils deviennent opaques.
Pour un plat en sauce, je fais l’inverse. Une cuisson lente permet au tissu conjonctif de s’assouplir progressivement. Le temps exact varie selon le poids et l’espèce, mais une lame de couteau doit entrer facilement dans le manteau avant de servir.

Nettoyer et préparer le céphalopode sans l’abîmer
Nettoyer un calmar entier demande quelques gestes précis, mais l’opération devient rapide après deux ou trois essais. Je travaille toujours avec un produit bien froid et une planche propre, puis je sèche soigneusement la chair avant la cuisson.
- Tirer doucement la tête pour la séparer du manteau. Les viscères viennent généralement avec elle.
- Retirer la plume, cette lamelle transparente et rigide située à l’intérieur du corps.
- Vider et rincer brièvement le manteau à l’eau froide, sans le laisser tremper.
- Enlever le bec au centre des tentacules. Les yeux et les parties dures ne se consomment pas.
- Retirer la peau si vous recherchez une présentation très nette. Elle est comestible, mais elle peut se détacher à la cuisson.
- Sécher avec du papier absorbant avant de trancher ou de saisir.
Faut-il garder les tentacules et l’encre
Les tentacules sont parfaitement utilisables après avoir retiré le bec. Ils apportent même une texture intéressante dans une poêlée, une sauce tomate ou une farce. L’encre peut parfumer et colorer une sauce, mais il faut manipuler sa poche avec précaution pour éviter de la percer trop tôt.
Comment travailler un produit surgelé
Je décongèle les encornets une nuit au réfrigérateur, dans un récipient fermé, puis je les égoutte et les sèche longuement. Une décongélation rapide à température ambiante donne souvent plus d’eau en surface et complique la saisie.
Les anneaux surgelés sont pratiques pour une recette quotidienne. En revanche, ils perdent rapidement leur intérêt si la poêle est trop froide : ils vont rendre leur eau, cuire dans leur jus et manquer de coloration. Une poêle large, une petite quantité à la fois et un feu vif font une vraie différence.
Les confusions qui changent le résultat en cuisine
Ne pas confondre avec la seiche
La seiche est un autre céphalopode. Elle possède un corps plus trapu et une coquille interne calcaire, souvent appelée os de seiche, alors que le calmar possède une plume souple et transparente. Un corps fuselé avec des nageoires triangulaires oriente plutôt vers le calmar ou l’encornet.
Le poulpe est encore différent : il a huit bras, pas deux tentacules supplémentaires, et son corps n’a pas la même forme. Cette distinction compte en cuisine, car le poulpe réclame généralement une préparation et une cuisson plus longues pour devenir tendre.
Ne pas croire que la taille donne le nom
Dans certaines régions, les petits calmars portent des noms particuliers comme chipirons ou supions. Mais la taille n’est pas une frontière scientifique stable. Un petit encornet n’est pas automatiquement une espèce différente, et un gros calmar n’est pas forcément un produit de qualité inférieure.
Lire aussi : Vider les sardines - Oui ou non? Le guide complet
Éviter la cuisson intermédiaire
Le principal échec vient d’une cuisson trop longue pour une poêlée, mais trop courte pour un mijoté. J’ai obtenu de bien meilleurs résultats en choisissant dès le départ une méthode claire : feu vif pendant quelques minutes, ou sauce douce jusqu’à attendrissement complet.
Il faut aussi éviter de saler longtemps à l’avance et de surcharger la poêle. Le sel peut faire ressortir de l’eau, tandis que des morceaux serrés les uns contre les autres vont bouillir au lieu de griller. Je sale plutôt en fin de cuisson et j’ajoute le citron juste avant de servir.
Le repère le plus fiable pour acheter et cuisiner
Pour retenir l’essentiel, calmar, calamar et encornet se recouvrent largement dans le langage courant. La différence réelle se trouve surtout dans l’espèce vendue, son origine, son état de fraîcheur et le format choisi pour la recette.
À l’achat, lisez l’étiquette et observez le produit. En cuisine, séchez-le bien, choisissez une cuisson très courte ou franchement longue, puis adaptez le temps à l’épaisseur du manteau. C’est ce réflexe qui fait passer un simple plat d’anneaux à une chair tendre, nacrée et savoureuse.